Assinie Mafia

Le territoire d'ASSINIE aujourd'hui incorporé dans la région du sud Comoé et dans le département d'Adiaké, est une sous-préfecture.

C'est aussi pour les autorités traditionnelles, un ROYAUME qui fut grand et réputé dans l'histoire, d'abord pour ses richesses en or, ensuite pour avoir été le premier royaume à accueillir l'homme blanc sur cette terre de COTE D'IVOIRE, et enfin, à avoir envoyé deux de ses fils en FRANCE sous LOUIS XIV.

La renommée de ce royaume fut grande au XVIIe siècle. En effet, il n'y a pas de lieu en côte d'ivoire qui fut chargé de tant de souvenirs que celui d'ASSINIE. Et il a toujours été en avance sur les autres par le commerce, l'évangélisation et les traités passés avec la France.

Origine du Royaume.

Avant l’arrivée des blancs, le vaillant peuple ESSOUMA était là depuis des temps immémoriaux. Pour l’histoire, les ASSINIENS sont venus des environs de la vallée du Nil dans le royaume d’Abyssinie. Traversant de longues étendues de sable (le Sahara ou AGNUAN en langue NZIMA), ils iront guerroyant et sans pitié, avançant malgré les souffrances et les larmes, sous la direction du prince NANAN AKA SRIBO. 

D’où leur nom ESSOUMA qui signifie : « ils pleurent et ils marchent », ceci pour dire qu’à leur arrivée, les gens pleuraient. Un tel nom qui semblerait de la vantardise a été au cours de l’histoire amplement justifié par les actes de bravoure de ce peuple guerrier qui avait à sa tête un prince authentique en la personne de NANAN AKA SRIBO.

Dans leur quête de bien être, les ISSINOIS se brouillèrent d’avec leurs voisins les OTCHINS. Et l’on en vint aux armes. La lutte tourna aux désavantages des ISSINOIS qui, refusant d’être asservis, décidèrent d’abandonner le pays d’ISSIGNY et partirent à la recherche d’une terre d’asile.

Ils arrivèrent au Ghana dans la région des AHANTAS précisément à GBRISSI, actuellement appelé Princesse (ville où IRHO côte d’ivoire a fait ses premières expérimentations de noix de coco hybrides). 

Ne se sentant toujours pas en sécurité, ils débarquèrent à AZULELOUANOU près d’AZIEMA toujours au GHANA. Poursuivis par les NZIMA alliés des ASHANTIS, ils arrivèrent à l’actuel HALF ASSINI et, passant par le bord de la mer, ils accédèrent à ESSO (qui signifie silence, pas de bruit). 

Les ISSINOIS envoyèrent alors une délégation de notables auprès des VETERES (Ehotilés) qui étaient installés à MONOBAHA.

Les VETERES qui avaient déjà reçu les EFIES (Abourés) promirent de les accueillir, les considérants comme des gens venus du ciel pour les aider à se débarrasser des EFIES. Dès leur arrivée dans la région, les ISSINOIS constatèrent les mauvais traitements que les EFIES faisaient subir aux VETERES. 

Épousant la cause de ces derniers et ayant des armes à feu, ils vainquirent les EFIES qui se retirèrent alors à l’ouest. 

Devenus les nouveaux maîtres de la région, les ESSOUMA s’installèrent à ASSOCO près de MONOBAHA. 

Les peuples ESSOUMA et VETERE (Ehotilés) ont vécu en bonne intelligence jusqu’à ce jour, même si de temps à autre, de petites querelles naissent.

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-20.17.02-768x641.png
https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2024/01/issini.png

L’histoire d’Aniaba et de Banga (1687-1701)

En 1687, le Roi Zena remis à J.B. Ducasse, l’un des plus grands coloniaux de l’époque, dont l’escadre croisait au large de la Cote de l’Or, deux enfants noirs ANIABA et BANGA: l’un était fils de Roi, l’autre fils de chef. Les deux jeunes noirs furent reçus par Colbert qui leur fit visiter Paris… le séjour de BANGA est peu connu. Nous savons qu’il fut officier dans l’un des régiments du Roi et renvoyé à Issiny en 1695, sur le Faucon Anglais commandé par M. De Gennes, et qu’il quitta le port de la Rochelle le 3 juin. Monsieur De Gennes voulant se diriger sur le Brésil, confia BANGA à un flibustier à qui il donna deux pièces de canons, de la poudre, des balles et quelques bœufs, à condition qu’il reconduise le prince nègre sur ses terres d’Issiny. Le flibustier tint parole, car trois ans plus tard, Damon de retour, rencontrait BANGA envoyé au-devant de lui.

A l’autre, ANIABA, on fit jouer le rôle d’un prince… ANIABA fut baptisé le 1er aout 1691 et reçut du Roi, son parrain, le prénom de Louis…le Mercure de France, nous le fait connaitre en 1701 sous le nom d’ANNIBAL, Roi d’Issiny. Le traité de Nimègue (1678) mit fin à la guerre entre la France et la Hollande. Confiante en cette paix, la Compagnie de Guinée, envoyait en 1687, des navires avec des commis pour tenir les comptoirs de Takoradi et de Kommendou. Mais la guerre continuait là-bas. Les Hollandais pillèrent les marchandises et massacrèrent les indigènes qui avaient accueillis les Français. Louis XIV, devenu arbitre de l’Europe voulut venger l’insulte faite à son pavillon : il envoya une escadre sur la Cote de Guinée, pour combattre les forbans, avec mission d’étudier le pays et les points favorables au commerce.

Pour donner plus de poids à son acte, Louis XIV avait décidé de reconduire le jeune roi ANNIBAL sur un navire de guerre. L’escadre était composée du navire Le Poly, commandé par M. Damon et de deux vaisseaux marchands, de la Compagnie de Saint-Domingue, sous les ordres du Sieur La Courbe. Ayant laissé au ministre le soin de payer les dettes qu’il avait contractées à Paris et dans les diverses garnisons où il a séjourné, le prince ANIABA quittait la cour, le 19 février, pour se rendre à la Rochelle où il devait embarquer. ANIABA (alias ANNIBAL) partait combler de présents. Les chroniques en ont conservé le détail : une médaille d’or à l’effigie du roi Louis XIV, douze cuillères, douze fourchettes, douze couteaux d’argent, un bassin, une aiguière, etc., …

L’expédition quitta la Rochelle le 18 avril 1701. Après avoir séjourné dans plusieurs ports de l’Ouest Africain la petite escadre mouilla devant Bassam le 24 juin et arriva le lendemain, à Tékucehué (campement de pêche, situé à l’embouchure de la rivière d’Assinie).

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-19.59.54-e1706712164412.png

Histoire coloniale d’Assinie

Terre chargée dhistoire et de traditions, Assinie reste encore méconnue aux yeux des populations ivoiriennes et du monde. LONG ADAM a crée en 2012 le Musée Aniaba afin de rassembler les témoignages de lhistoire dAssinie et de ses traditions.

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/05/RCI-Assinie-Ile_Napoleon_5-768x576.png

Premier contact des Français avec Assinie

C’est en 1637 que les premiers missionnaires capucins (5) mettent pied à terre à Assinie. Ils poussèrent une pointe dans les lagunes et prêchèrent l’évangile aux habitants qui se montrèrent récalcitrants. Cette tentative fit long feu car 3 missionnaires moururent et les deux autres ne parvenant pas à se procurer des vivres se retirèrent dans le fort portugais Sant Antoine à Axim…

Finalement c’est en 1687 que des contacts furent noués avec le Roi Louis XIV demandant sa protection.

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-21.36.18-768x551.png

ARTHUR VERDIER (1863-1890)

En cette fin de XVIII siècle, un homme, Arthur Verdier, va imposer sa présence à tous les créneaux. Par sa constance, son courage et sa foi, il arrivera à tisser la trame du pays. Il défendit bien sur ses intérêts, mais fit passer avant tout son désir de porter le drapeau français. Longtemps, il fut considéré comme le « père de la Cote d’Ivoire »… Ce fut en 1861 que se dessina sa vocation…en 1863 il s’installait à Bassam…

Malheureusement la guerre et la défaite de 1870 forcèrent la France à évacuer les territoires de Grand-Bassam et d’Assinie. Verdier fut chargé de la garde des établissements français. Une subvention de 6 000 francs lui fut accordée pour l’entretien d’une police indigène. Les bâtiments de l’administration lui firent attribués. Il abandonna le fort de Dabou, et concentra ses efforts sur Bassam et Assinie. Verdier reçu officiellement le titre de « résident délégué ». Il était placé sous le contrôle du commandant de la division navale de l’Atlantique. Il se montra digne de sa mission ; non seulement, il sut maintenir l’influence Française, mais il lutta pied à pied contre les prétentions anglaises.

Cette politique permit à ses collaborateurs de poursuivre une œuvre si bien commencée : à Brétignière, de réaliser la mise en valeur du pays, par la création des plantations de caféiers d’Elima, l’exploitation des bois précieux de la foret et surtout sa participation aux travaux de la commission chargée de délimiter les frontières avec les Anglais pour sauvegarder les droits des Français sur le pays. Brétignière se consacra à ses plantations et à l’exploitation de bois précieux. Il mena de pair la construction de la grande maison blanche d’Elima construite tout en haut d’une colline dominant la lagune Aby. Ce fut la première maison en dur de la Cote d’Ivoire, un véritable château pour l’époque.

Verdier se dépensa sans compter pour cette terre dont il tomba amoureux et qu’il ne voulut pas lâcher. Très fatigué, il s’embarqua le 9 mars 1890 sur le « Ville de Maceo » pour l’hôpital de Dakar… Il mourut le même jour, avant que le bateau ne quitte la rade d’Assinie. Il avait trente ans. On dut, écrivait Brétignière, faire repasser la barre à ce pauvre corps et le restituer à l’Afrique, dans ce cimetière de Grand-Bassam, si bien garni de tombes françaises….

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-21.21.35.png

Premiere tentative d’installation des français à Assinie (1701-1703)

Le 27 juin 1701, M. Damon et le prince débarquèrent. Le 28 juin, arriva d’Assoko, capitale de son pays, le roi Akasini (AKA EZANI), accompagné de notables de la région… le roi fit convoquer tout le monde, puis ayant coupé une branche d’arbre, il donna à Amon, l’un des notables qui la planta sur le sable, la fit ensuite toucher à tous les français présents et déclara au nom du roi et du pays, qu’il donnait cette terre aux Français pour y construire un fort et faire ce qu’ils jugeraient bon.

Le 9 juillet, Aka Ezani envoyait son lieutenant inviter M.Damon et tous les Français de sa suite à venir à Asoko. L’invitation fut acceptée et le voyage se fit en pirogues au son des tam tam…les voyageurs furent accueillis par le frère du roi et introduits dans la salle d’audience. C’était une case rectangulaire, d’environ sept mètres sur quatre et recouverte de feuilles de palmiers. Au fond, était le trône du roi: il était fait d’un lit acheté aux Anglais. Quelques mauvaises planches recouvertes de peaux de panthère en formaient le fond. Lorsque le roi eut fini de fumer sa pipe, il fit cesser la musique et demanda aux Français le but de leur visite. Le chevalier Damon lui répondit que le désir d’enseigner à ses sujets la religion du Christ, de nouer et entretenir de bonnes relations, était le but de sa mission. Le roi remercia le Français et leur parla des bontés du roi Très-Chrétien. Telle fut la première audience…

Le 24 aout, le pavillon blanc (drapeau du royaume de France) fut hissé. On chanta le Te Deum et le fort reçu le nom de fort Saint Louis. La fin de cette aventure ne fut pas heureuse. Plus ou moins abandonné par son lointain souverain, mal ravitaillé, le fort continua de vivoter jusqu’en octobre 1703, date à laquelle ses défenseurs furent embarqués par une escadre française de passage.

Ainsi se terminait, mal, cette première tentative d’implantation.

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-21.42.46-768x502.png
[bold_timeline_item_button title= »Expand » style= » » shape= » » color= » » size= »inline » url= »# » el_class= »bold_timeline_group_button »]

Installation des Français à Assinie (1842)

Les délégués de cette flottille furent accueillis par le chef du pays entouré de ses notables. Un projet d’entente leur fut soumis, aux termes duquel un terrain nous était concédé pour la construction d’un fort.  Fleuriot de Langle jeta son dévolu sur la presqu’ile de Mafia. 

Le nom de « Fort Joinville » était donné au poste, formé d’un carré de palissades, flanqué à chaque coin d’un bastion en pierre, armé d’une caronade de 30. Il possédait en outre trois obusiers de montagne.

Les factoreries furent, au début, placées à l’intérieur du poste. Les premières furent celles de Monk et Swanzy, puis de la maison Verdier. Peu de temps après, arrivait de Krindjabo, le roi Amon n’Douffou, héritier d’Attokpora, accompagné d’une escorte de trois cents guerriers. Le 16 mars 1844, il concluait avec les Français un traité qui concédait, en toute propriété, la pointe de Mafia et plaçait le royaume de Krindjabo sous la protection Française.

A part de brèves incursions des escadres et quelques ratées des compagnies commerciales, il faudra attendre le règne de Louis Philippe… 140 ans plus tard ! Pour que la France remette sur pieds un nouveau programme de pénétration en Côte d’Ivoire. Redevenue maitresse du Sénégal, la France allait continuer à étendre son domaine colonial.

En 1842, le ministre de la marine chargea Edouard Bouet Willaumez d’entrer en relations avec les chefs des pays qui forment aujourd’hui la Côte d’Ivoire… Bouet willaumez confia au lieutenant Fleuriot de Langle la mission de s’implanter à Assinie. Ce dernier, parti de Gorée au mois de mai 1843, est rejoint à Assinie, le 2 juin, par le lieutenant de vaisseau Rataillot, à la tête d’une flottille composée de la gabare : l’Indienne qu’il commande lui-même, et du cutter : l’Eperlan, sous les ordres de M. Darricau.  Trois navires de commerce, chargé du matériel et de la garnison que devait commander M. De Mont-Louis, accompagnaient Fleuriot de l’angle.

https://royaumeessoumadassinie.com/wp-content/uploads/2023/07/Capture-decran-2023-07-23-a-21.34.08-768x260.png
[bold_timeline_item_button title= »Expand » style= » » shape= » » color= » » size= »inline » url= »# » el_class= »bold_timeline_group_button »]